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Écrit par : Dzmitry Hlotau, Université européenne des sciences humaines.[1]

Résumé

Cet article examine comment le régime biélorusse étend sa répression au-delà de ses frontières, en ciblant les dissidents en exil. Ces pratiques recouvrent un large éventail de méthodes, allant des mesures coercitives directes telles que les enlèvements et les extraditions forcées, aux instruments juridiques et quasi juridiques, en passant par les contrôles administratifs et bureaucratiques et l’intimidation symbolique visant les proches ou les groupes de la diaspora à l’étranger. Ensemble, elles illustrent les dilemmes auxquels sont confrontées les démocraties d’Europe centrale et orientale (PECO) pour trouver un équilibre entre la protection des exilés et la sauvegarde de la sécurité nationale. Au niveau international, le cas biélorusse illustre la manière dont les régimes autoritaires s’adaptent et exploitent les mécanismes juridiques et institutionnels à l’étranger, remettant en cause l’intégrité de la coopération internationale. Loin d’être une anomalie isolée, la Biélorussie représente une tendance mondiale plus large dans laquelle les régimes autoritaires contemporains opèrent de plus en plus au-delà des frontières. Il est essentiel de comprendre ce phénomène non seulement pour analyser la Biélorussie elle-même, mais aussi pour évaluer la nature évolutive des pratiques répressives dans le système international.

1. Introduction

La gouvernance d’Alexandre Loukachenko a étendu son pouvoir oppressif bien au-delà des frontières biélorusses à la suite de l’élection présidentielle controversée de 2020 et des manifestations généralisées qui ont éclaté par la suite. Ce qui a commencé comme une répression locale s’est transformé en une répression transnationale, un effort concerté pour intimider et réduire au silence les dissidents biélorusses partout dans le monde.

Cet article explore les moyens utilisés par le gouvernement biélorusse pour exporter la répression vers les pays voisins et même vers des États lointains en appliquant ce que les chercheurs appellent « l’autoritarisme sans frontières ». Il examine les mécanismes fondamentaux de cet autoritarisme transnational, notamment l’utilisation des passeports et de la citoyenneté comme  arme, l’utilisation abusive des notices Interpol et des traités d’extradition, et le recours aux procès par contumace pour appuyer les demandes d’extradition ultérieures.

Le document replace les pratiques du Bélarus dans le contexte plus large de l’Europe centrale et orientale (ECO) en se référant à divers rapports et publications universitaires, à des études de cas sur la diaspora bélarusse dans les pays voisins que sont la Pologne et la Lituanie, ainsi qu’à des cadres théoriques de la répression transnationale. En outre, il évalue l’impact de la persécution transfrontalière du Bélarus sur la résilience des jeunes démocraties qui accueillent des exilés et sur la sécurité régionale.

2. Autoritarisme transnational : cadre théorique

Le phénomène examiné relève de ce que les chercheurs appellent la répression transnationale ou l’autoritarisme transnational. La sociologue Dana M. Moss (2022) définit la répression transnationale comme des tactiques par lesquelles les régimes autoritaires « nationaux » « dissuadent, répriment et punissent les critiques émanant des communautés de la diaspora et des exilés[2] ». En d’autres termes, même après que les dissidents ou les citoyens ordinaires ont fui le territoire sous la juridiction du régime, l’État autoritaire continue de les prendre pour cible – par le biais de la surveillance, de l’intimidation, de pressions juridiques ou de violences – afin d’étouffer la dissidence à l’étranger. Ces tactiques peuvent inclure la surveillance et le harcèlement, les menaces de s’en prendre aux exilés ou à leurs familles restées au pays, l’annulation de passeports ou de bourses d’études, la publication de « notices rouges » d’Interpol pour les personnes recherchées, et même des assassinats. Toutes ces mesures visent à envoyer un message clair : l’exil n’offre aucune garantie de sécurité face à l’emprise du régime.

S’appuyant sur cette compréhension de la répression transnationale, le politologue Alexander Dukalskis (2021) souligne que les dictatures contemporaines projettent leur pouvoir à l’échelle internationale afin de gérer leur image et de faire taire leurs détracteurs. Dans son article sur la « gestion de l’image » autoritaire, Dukalskis note que les autocraties ne se contentent pas de promouvoir une image positive d’elles-mêmes à l’étranger, mais « s’efforcent également de faire taire les détracteurs et les critiques partout où ils se manifestent, y compris au-delà de leurs propres frontières »[3], considérant les exilés qui s’expriment ouvertement comme des menaces sérieuses.

Poussant cette perspective au-delà de la gestion de l’image, Marlies Glasius (2017) soutient que l’autoritarisme ne doit pas être compris uniquement comme un type de régime limité aux frontières nationales, mais comme un cadre de gouvernance caractérisé par certaines activités qui transcendent la juridiction territoriale. Sa théorie des pratiques autoritaires extraterritoriales définit cinq modes par lesquels les régimes gouvernent les populations à l’étranger : l’inclusion en tant que sujets, patriotes ou clients, et l’exclusion en tant que hors-la-loi ou traîtres [4]. Cette approche est particulièrement utile pour comprendre la Biélorussie, où les demandes d’extradition, les procès par contumace et l’intimidation des familles illustrent l’inclusion en tant que sujets, tandis que les restrictions en matière de passeports et les révocations de citoyenneté reflètent l’exclusion en tant que hors-la-loi, et le fait de qualifier les exilés d’« extrémistes » ou de « terroristes » illustre l’exclusion en tant que traîtres ; en revanche, les modes d’inclusion des patriotes et des clients sont rarement appliqués dans le cas de la Biélorussie.

Une approche comparable est proposée par Gerasimos Tsourapas (2021), qui introduit le concept d’autoritarisme transnational. Il l’explique comme la tentative des régimes d’équilibrer deux objectifs : d’une part, ils veulent tirer profit de l’émigration grâce aux transferts de fonds ou à la réduction des pressions sociales ; d’autre part, ils cherchent à limiter les risques politiques qui surviennent lorsque les exilés font entendre leur « voix » à l’étranger. Pour gérer cette tension, Tsourapas identifie quatre stratégies principales : la répression (surveillance, retours forcés, abus d’Interpol), la légitimation (appel au patriotisme parmi les diasporas), la cooptation (avantages matériels tels que bourses d’études ou opportunités de carrière) et la coopération avec des acteurs non étatiques (notamment les associations de la diaspora, les entreprises et les institutions internationales)[5]. Dans le cas du Bélarus, ces stratégies se limitent largement à la répression et à la coopération avec des acteurs alliés, tandis que la légitimation et la cooptation restent pratiquement absentes.

Au-delà des analyses universitaires, les rapports des organisations politiques documentent également ces tendances. Le rapport de Nate Schenkkan et Isabel Linzer pour Freedom House, intitulé « Out of Sight, Not Out of Reach » (Hors de vue, mais pas hors de portée), est une autre référence clé qui documente systématiquement la répression transnationale exercée par des États autoritaires tels que la Russie, la Chine et la Turquie. Les auteurs identifient des tactiques courantes, notamment les assassinats, les extraditions, la surveillance, la coercition par l’intermédiaire de membres de la famille et l’abus d’organisations internationales telles qu’Interpol[6]. Cette catégorisation des méthodes de répression et l’analyse géographique soulignent la portée mondiale de ces pratiques.

De même, l’étude d’Edward Lemon intitulée « Weaponizing Interpol » (Interpol comme arme) examine la manière dont les régimes d’Asie centrale abusent des mécanismes policiers internationaux[7]. Lemon illustre comment les gouvernements autoritaires exploitent le système de notices rouges d’Interpol pour cibler les dissidents à l’étranger sous des accusations criminelles fabriquées de toutes pièces – une méthode qui n’est pas propre à l’Asie centrale, mais qui se généralise de plus en plus dans différentes régions, y compris en Europe.

Ensemble, ces perspectives scientifiques et politiques fournissent un prisme utile pour situer la Biélorussie. Dans ce paysage comparatif plus large, la Biélorussie sous Loukachenko est apparue ces dernières années comme un cas illustratif de répression transnationale en Europe. Si les outils transnationaux de répression ne sont pas un phénomène nouveau et ont été largement utilisés par des régimes tels que la Russie, la Turquie et la Chine (entre autres), le cas biélorusse se distingue par son expansion rapide, la diversité des méthodes utilisées et sa portée géographique. Les sections suivantes examinent en détail les outils de répression transnationale de la Biélorussie et les replacent dans le contexte plus large des mesures répressives transfrontalières à l’échelle mondiale.

3. Exportation de la répression : méthodes du régime biélorusse

3.1 Attaques extraterritoriales directes : enlèvements et piraterie aérienne

Les attaques extraterritoriales directes, notamment les enlèvements ou les atterrissages forcés d’avions civils, illustrent ce que les chercheurs identifient comme la forme la plus visible de répression transnationale. Glasius (2017) conceptualise ces pratiques comme une « inclusion en tant que sujets », dans le cadre de laquelle les régimes continuent d’exercer leur autorité sur des individus à l’étranger comme s’ils se trouvaient toujours sur le territoire de l’État. De même, Tsourapas (2021) classe les enlèvements et les retours forcés dans la catégorie plus large de la stratégie de répression transnationale. Ces méthodes servent non seulement à faire taire certains détracteurs, mais aussi, comme le note Moss (2022), à semer la peur parmi la diaspora dans son ensemble.

L’incident le plus notoire a été l’atterrissage forcé du vol Ryanair 4978 le 23 mai 2021. Les autorités biélorusses ont dépêché un avion de chasse et ont faussement signalé la présence d’une bombe à bord d’un avion civil reliant deux capitales de l’UE (Athènes à Vilnius) afin de le détourner vers Minsk, où elles ont arrêté le journaliste biélorusse Raman Pratasevich, âgé de 26 ans, et sa compagne Sofia Sapega[8].

Le Conseil européen, réuni le 24 mai 2021, a fermement condamné cet acte, le qualifiant de dangereux pour la sécurité aérienne internationale. Le Conseil a exigé la libération immédiate de Roman Protasevich et Sofia Sapega, a exhorté l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) à mener une enquête et a appelé les États membres à mettre en œuvre des sanctions supplémentaires, notamment l’interdiction des transporteurs biélorusses dans l’espace aérien et les ports de l’UE[9].

Comme le fait remarquer M. Dukalskis, la raison en était que le blog influent de M. Pratasevich avait porté atteinte à l’image et à l’autorité du dictateur, et que « faire taire un critique valait la peine d’en subir les conséquences » selon le calcul de M. Loukachenko[10]. Bien que particulièrement dramatique, l’affaire Ryanair illustre une tendance plus générale à la répression transnationale, dans laquelle les régimes autoritaires traitent les dissidents en exil comme des menaces critiques.

Cet incident n’est pas isolé. Les services de sécurité biélorusses auraient poursuivi les enlèvements de dissidents sur le sol étranger lorsque cela était possible. Un exemple en est venu en avril 2021, lorsque deux figures de l’opposition biélorusse – l’avocat Yury Zenkovich (double nationalité américaine et biélorusse) et l’analyste politique Alexander Feduta – ont été kidnappés dans un hôtel de Moscou par des agents du FSB russe (avec le soutien de leurs homologues biélorusses) et transférés de force à Minsk[11]. Selon certaines informations, les deux hommes auraient été transportés secrètement à travers la frontière, en contournant les procédures judiciaires habituelles[12]. Mais en février 2025, Zenkovich a été déclaré détenu à tort et libéré en avril 2025 sans échange de prisonniers. Les responsables américains ont suggéré que la Biélorussie pourrait tenter d’améliorer ses relations avec les États-Unis[13].

De telles actions reflètent des tactiques observées dans d’autres contextes autoritaires – des enlèvements de l’ère soviétique aux extraditions turques plus récentes – soulignant à quel point la Biélorussie s’aligne sur un répertoire plus large de pratiques coercitives plutôt que de s’en écarter. Par exemple, sur la période de 2016 à 2024, l’Organisation nationale de renseignement turque (MİT) a orchestré plus de 118 extraditions, contournant fréquemment les normes juridiques avec la coopération des gouvernements hôtes.[14] Leur apparition dans le contexte européen de l’après-guerre froide souligne toutefois les risques que représentent les opérations transfrontalières autoritaires pour la sécurité régionale.

En outre, la Biélorussie aurait planifié des attaques violentes ou des assassinats contre des détracteurs à l’étranger, souvent en coordination avec des services de sécurité alliés. Les services de renseignement lituaniens ont révélé en avril 2025 que les agences biélorusses et russes « complotaient des attaques contre des Biélorusses en Lituanie » – un pays qui accueille de nombreux exilés – dans le but d’intimider la diaspora[15]. Sviatlana Tsikhanouskaya, la leader de l’opposition biélorusse en exil, a répondu que ces complots révélés « prouvent à quel point [le régime] craint[s] notre solidarité et notre travail » à l’étranger[16]. Si les détails de ces plans sont tenus secrets par les agences de sécurité, leurs avertissements publics suggèrent que les menaces physiques contre les exilés (voire les tentatives d’assassinat) sont prises au sérieux par les pays d’accueil de la région. En 2024, les procureurs polonais ont ouvert une enquête sur un crime visant le leader de l’opposition Pavel Latushka, en vertu des dispositions légales relatives aux homicides et aux activités de renseignement étranger[17]. Cette mesure souligne le degré de préoccupation des autorités régionales concernant d’éventuelles actions des services de sécurité biélorusses au-delà de leurs frontières.

En résumé, le régime de Loukachenko a démontré qu’il était prêt à franchir les lignes rouges – détournement d’avions, enlèvements de personnes et complots potentiels visant à commettre des actes de violence – afin de capturer ou d’éliminer physiquement les dissidents en dehors du Bélarus. Ces attaques directes représentent la forme la plus visible et la plus extrême de répression transnationale, illustrant comment les actions du Bélarus s’inscrivent dans un schéma plus large de répression transfrontalière et soulèvent des préoccupations importantes pour la sécurité régionale.

3.2 « L’utilisation de la citoyenneté comme arme » : les passeports et le piège de la diaspora

Les régimes autoritaires utilisent de plus en plus les restrictions à la liberté de circulation comme un outil de répression transnationale. Selon le rapport de Freedom House intitulé « No Way In or Out: Authoritarian Controls on the Freedom of Movement » (Août 2024), au moins 55 gouvernements dans le monde ont recours à des restrictions de mobilité pour punir, contraindre ou réduire au silence leurs opposants politiques et ceux qu’ils considèrent comme des menaces. Ces pratiques prennent généralement la forme d’une révocation de la citoyenneté, d’une retenue ou d’un refus de renouveler les passeports, d’un refus de services consulaires et de l’imposition d’interdictions de voyager. Il convient de noter que dans au moins 12 pays, les citoyens vivant à l’étranger ne peuvent pas renouveler leur passeport auprès des consulats[18].

Les autorités biélorusses ont de plus en plus recours à des instruments bureaucratiques, tels que les passeports et le statut de citoyenneté, comme outils de contrôle des citoyens à l’étranger. En 2023, le gouvernement de Loukachenko a pris une mesure radicale en refusant le renouvellement des passeports des Biélorusses vivant à l’étranger, piégeant ainsi les exilés dans un vide juridique. Le décret n° 278, signé par Loukachenko le 4 septembre 2023, ordonnait aux ambassades et consulats biélorusses de cesser de délivrer de nouveaux passeports ou de renouveler ceux existants pour les citoyens à l’étranger[19]. Ce décret a immédiatement touché environ 200 000 à 500 000 Biélorusses en exil[20], qui ne peuvent plus obtenir de document de voyage valide à moins de retourner en Biélorussie.

Les implications sont considérables. Les passeports sont essentiels pour résider, travailler et voyager légalement ; sans passeport valide ou avec un passeport expiré, les exilés risquent de perdre leur statut d’immigrant dans leur pays d’accueil et ne peuvent plus voyager librement. Comme l’a souligné Human Rights Watch, cette politique « expose les personnes à un risque de poursuites judiciaires pour des motifs politiques à leur retour » en Biélorussie, car celles qui rentrent pour renouveler leurs documents pourraient être arrêtées pour leurs activités d’opposition[21]. En utilisant le renouvellement des passeports comme une arme, le régime prend en otage les exilés : soit ils restent à l’étranger avec des papiers non valides (incapables de voyager ou de s’intégrer pleinement), soit ils rentrent et risquent d’être emprisonnés. Il s’agit d’une forme de coercition par le biais des droits liés à la citoyenneté. Depuis septembre 2023, des cas de Biélorusses détenus à leur retour dans le pays pour renouveler ou obtenir un nouveau passeport ont été documentés[22].

Parallèlement, la Biélorussie a légalement ouvert la voie à la déchéance de nationalité des dissidents à l’étranger. En décembre 2022, l’Assemblée nationale a modifié la loi sur la citoyenneté afin de permettre la révocation de la citoyenneté des Biélorusses résidant à l’étranger qui sont considérés comme se livrant à des « activités extrémistes » ou causant « un préjudice grave aux intérêts de la Biélorussie »[23]. Dans la pratique, l’« extrémisme » est une étiquette que le régime applique à presque toute dissidence, y compris les médias indépendants, les ONG et les groupes d’opposition. Cela signifie que les militants en exil pourraient être rendus apatrides à titre de sanction supplémentaire, une tactique d’ostracisme et de pression.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a condamné ces pratiques et recommandé dans son rapport de 2024 que la Biélorussie garantisse le droit à la nationalité sans discrimination et s’abstienne d’appliquer les modifications de 2022 permettant la révocation de la citoyenneté pour des motifs politiques[24].

Les pays voisins qui accueillent d’importantes diasporas biélorusses ont tenté d’atténuer l’impact de cette mesure. Le gouvernement lituanien a annoncé qu’il délivrerait un « passeport étranger » renouvelable d’un an – un document de voyage temporaire – aux résidents biélorusses qui « ne peuvent pas retourner en Biélorussie pour des raisons humanitaires ou politiques », afin qu’ils puissent continuer à vivre et à voyager légalement[25]. La Pologne a également créé un programme permettant aux Biélorusses titulaires d’un permis de séjour polonais d’obtenir un document de voyage délivré par la Pologne si leur passeport biélorusse avait expiré[26]. Ces mesures provisoires prises par les pays d’accueil soulignent à la fois l’ampleur du décret biélorusse sur les passeports et l’engagement des États voisins à protéger la diaspora du piège tendu par Loukachenko. Néanmoins, ces solutions sont partielles et ne sont pas universellement reconnues, laissant de nombreux exilés dans l’incertitude. Le recours du régime à la révocation de la citoyenneté et au non-renouvellement des passeports apparaît donc comme une forme stratégique de répression transnationale sans recours à la force physique, qui exploite la vulnérabilité des exilés dans le cadre des régimes internationaux en matière de voyage et d’identité.

En résumé, les restrictions imposées par la Biélorussie en matière de renouvellement des passeports et la menace de dénaturalisation démontrent comment les régimes autoritaires peuvent transformer des procédures administratives courantes en instruments de répression. Ces mesures non seulement limitent la mobilité, mais aggravent également la précarité de l’exil, laissant les personnes concernées dépendantes des protections ad hoc accordées par les États d’accueil. Ces pratiques correspondent à ce que Glasius (2017) appelle « l’exclusion en tant que hors-la-loi », par laquelle les États refusent aux émigrants le statut juridique de citoyens et les poussent hors de la protection de la communauté politique.

3.3 Extradition et INTERPOL : les instruments juridiques internationaux comme outils de répression

Un autre pilier de la répression internationale menée par la Biélorussie est la manipulation des outils juridiques et répressifs – notamment les alertes Interpol et les accords bilatéraux d’extradition – afin de faire pression sur d’autres pays pour qu’ils détiennent et renvoient les exilés. Les autorités de Minsk ont cherché à plusieurs reprises à qualifier les dissidents à l’étranger de criminels de droit commun ou de terroristes, afin de déclencher des arrestations grâce à la coopération policière internationale. Une méthode clé consiste à abuser du système de « notice rouge » d’Interpol, qui permet à un pays de demander l’arrestation provisoire d’une personne recherchée en attendant son extradition. Les gouvernements autoritaires ont abusé d’Interpol en déposant des notices sur la base de fausses accusations criminelles contre des opposants exilés – et la Biélorussie suit ce modèle général.

Edward Lemon note que les chercheurs n’ont pas accordé suffisamment d’attention à l’abus d’Interpol, malgré son rôle croissant dans la police mondiale. La plupart des études universitaires se concentrent sur l’élargissement du mandat de l’organisation en réponse aux menaces transnationales, tout en négligeant largement la manière dont les régimes autoritaires l’exploitent à des fins de répression politique[27].

En avril 2021, le parquet biélorusse a officiellement demandé une recherche internationale (notice rouge d’Interpol) pour Pavel Latushko, ancien ministre devenu chef de l’opposition, pour des chefs d’accusation incluant « complot en vue de s’emparer du pouvoir étatique » et « activités extrémistes »[28].

De même, fin 2021, les membres de l’équipe de Sviatlana Tsikhanouskaya (leader de l’opposition et ancienne candidate à la présidence), y compris l’initiative ByPol, ont publiquement exhorté Interpol à retirer l’accès à Minsk après que celle-ci ait tenté de placer Tsikhanouskaya et plusieurs de ses alliés sur la liste des personnes recherchées pour « terrorisme » et autres accusations connexes[29]. Interpol a rejeté la tentative de la Biélorussie d’émettre une notice rouge à son encontre, invoquant l’article 3 de sa Constitution, qui interdit toute implication dans des affaires à caractère politique[30], mais les tentatives répétées de la Biélorussie mettent en évidence un schéma autoritaire familier consistant à abuser des notices rouges comme outils de répression politique. Le ministre lituanien des Affaires étrangères, Gabrielius Landsbergis, a déclaré fermement qu’il « préférerait voir l’enfer geler » plutôt que de se plier à cette demande, réitérant l’engagement de la Lituanie à protéger les personnes visées pour leur activisme démocratique[31].

En février 2021, le bureau du procureur général letton a officiellement rejeté la demande d’extradition de Valery Tsepkalo, ancien candidat à la présidence accusé de corruption et de pots-de-vin à grande échelle, formulée par la Biélorussie. Le ministre letton des Affaires étrangères, Edgars Rinkēvičs, a condamné cette demande, la qualifiant de « tentative ouverte de persécution politique », un sentiment partagé par le ministre de la Justice, Jānis Bordāns[32].

Depuis 2021, la Pologne a refusé à plusieurs reprises les demandes d’extradition du Bélarus, invoquant la persécution politique. Un exemple frappant s’est produit le 28 novembre 2024, lorsque le tribunal de district de Poznań a rejeté la demande d’extradition de la Pologne concernant l’activiste bélarussien Dmitry Pleskachev. Le tribunal a estimé que la demande n’avait aucun fondement juridique et a confirmé qu’elle était motivée par des raisons politiques.[33]

Le cas d’Andrey Gniot, journaliste biélorusse et militant pro-démocratie qui a fui le pays en 2021, est particulièrement illustratif. En octobre 2023, M. Gniot a été arrêté de manière inattendue à son arrivée en Serbie sur la base d’un avis d’Interpol émis par la Biélorussie l’accusant d’évasion fiscale. Ces accusations ont été largement considérées comme fabriquées de toutes pièces (M. Gniot est cofondateur du syndicat sportif SOS BY et actif dans les médias indépendants). Bien qu’il n’ait pas eu connaissance auparavant d’être recherché par Interpol, il a été placé en détention.[34] En juin 2024, la Cour supérieure de Serbie a confirmé la décision d’extradition, ce qui a conduit au transfert de M. Gniot en résidence surveillée pendant qu’il faisait appel. Cependant, en septembre 2024, la cour d’appel de Belgrade a annulé la décision et renvoyé l’affaire devant la Haute Cour pour réexamen, prolongeant ainsi son assignation à résidence. En novembre 2024, il a été autorisé de manière inattendue à quitter la Serbie – apparemment grâce à l’aide de canaux diplomatiques – et Interpol l’a retiré de sa liste de notices rouges[35].

Au-delà d’Interpol, la Biélorussie s’appuie fortement sur des traités d’extradition bilatéraux et des alliances de sécurité – en particulier avec des États alliés – pour récupérer ses exilés. Elle exploite notamment ses relations étroites avec la Russie. Dans le cadre de l’Union étatique et de la CEI, la Biélorussie et la Russie ont conclu des accords d’extradition mutuelle, et Moscou a souvent accédé aux demandes de Minsk. Cela s’est vu dans de nombreux cas où des Biélorusses qui avaient fui vers la Russie (pensant peut-être que c’était plus sûr que de rester en Biélorussie) ont été renvoyés. Par exemple, en 2021, il y a eu des cas de manifestants ordinaires ou de membres de l’opposition détenus en Russie et discrètement extradés vers la Biélorussie à l’abri des regards[36]. Une telle coopération rend tout voyage ou refuge en Russie extrêmement périlleux pour les dissidents biélorusses. En effet, la Biélorussie traite la Russie comme une extension de son territoire sécuritaire. Dans la pratique, cela montre comment les régimes autoritaires peuvent traiter les États alliés comme des extensions de leur propre espace de sécurité.

La Biélorussie tente également de tirer parti des traités d’extradition avec des pays plus éloignés, souvent des pays en développement ou dotés de gouvernements à tendance autoritaire. Un cas récent dramatique concerne Vasily Veremeychik, un militant de l’opposition biélorusse et ancien combattant volontaire des forces ukrainiennes, qui a été capturé au Vietnam en novembre 2024. Le KGB biélorusse a réussi à obtenir l’extradition de Veremeychik du Vietnam vers Minsk, où il est désormais accusé de terrorisme et risque la peine de mort[37]. Les autorités vietnamiennes, agissant apparemment à la demande de Minsk, ont arrêté Veremeychik (qui avait voyagé sans visa) et l’ont renvoyé en Biélorussie à bord d’un vol spécial. La télévision d’État biélorusse a triomphalement montré son arrivée à Minsk, et un responsable du KGB a déclaré devant les caméras que cette affaire était un avertissement à tous les « extrémistes et terroristes » à l’étranger, se vantant que « la justice biélorusse les rattrapera où qu’ils se trouvent sur terre[38] ».

Ce message effrayant résume bien la mentalité extraterritoriale du régime. Il souligne également qu’aucun pays n’est trop éloigné si l’on trouve un partenaire disposé à livrer un exilé. Dans le cas de Veremeychik, son incapacité à entrer dans les pays de l’UE (en raison d’une interdiction lituanienne découlant d’un détail technique lié à son service militaire passé) l’a poussé vers un endroit plus vulnérable, illustrant ainsi comment même des restrictions occidentales involontaires peuvent exposer les dissidents à l’extradition par des régimes tels que celui de Loukachenko[39].

Outre les traités d’extradition bilatéraux existants avec plusieurs pays d’Afrique et d’Asie, les autorités biélorusses recherchent activement de nouveaux accords afin d’étendre leur champ d’action. En mai 2025, le ministre de la Justice, Yevgeny Kovalenko, a annoncé que la Biélorussie négociait des traités d’extradition avec neuf autres pays, principalement en Afrique, en Asie et en Amérique latine[40].

En résumé, la Biélorussie utilise les notices rouges d’Interpol et les demandes d’extradition pour exploiter les pouvoirs policiers d’autres États à des fins répressives. Si les nations démocratiques rejettent généralement les demandes d’extradition politiques, il y a eu suffisamment de cas de conformité (ou de résistance tardive) pour semer la peur parmi la diaspora. Cette pratique pèse également sur les systèmes juridiques des États d’accueil, qui doivent distinguer avec soin les véritables criminels des militants persécutés. Il convient de noter que plusieurs pays d’Europe centrale et orientale, dont la Lituanie, la Lettonie et la Pologne, ont répondu à ces défis en refusant systématiquement les demandes d’extradition motivées par des raisons politiques émanant de Minsk. Ces refus envoient un signal important de solidarité et de respect des principes juridiques. Les efforts persistants de la Biélorussie dans ce domaine démontrent que le régime adapte les instruments juridiques internationaux à des fins non démocratiques, sapant ainsi l’intégrité de la coopération policière et de la justice internationales.

3.4 Procès par contumace

En juillet 2022, la Biélorussie a modifié son code de procédure pénale afin d’autoriser les procès par contumace (appelés « procédures spéciales ») contre les citoyens vivant à l’étranger[41]. Cette mesure permet aux tribunaux de condamner et de prononcer des peines à l’encontre de citoyens biélorusses sans qu’ils soient présents en Biélorussie, sans qu’ils en soient informés et sans qu’ils aient accès à une défense juridique[42]. Ces mesures illustrent ce que Glasius (2017) appelle l’inclusion en tant que sujets – traiter les exilés comme s’ils restaient sous juridiction nationale – et correspondent à la catégorie de répression juridique de Tsourapas (2021), selon laquelle les régimes utilisent des outils pseudo-juridiques pour étendre la coercition au-delà des frontières.

Le cadre juridique des procédures spéciales dans la législation nationale en matière de procédure pénale du Bélarus contient des dispositions partielles qui justifient formellement la possibilité de condamner une personne par contumace. Dans la pratique, même ces garanties formelles ne sont pas respectées par les tribunaux bélarusses. En outre, ces procédures sont incluses sans les protections nécessaires du droit de la défense de l’accusé, de sa présence au procès, de sa participation à la collecte des preuves et de son appel ultérieur du verdict.

Dès septembre 2022, le nouvel instrument a été testé pour la première fois par la commission d’enquête dans l’affaire du « Livre noir du Bélarus » (une initiative citoyenne qui a documenté et publié les données personnelles des agents de sécurité impliqués dans la répression) – les accusés ont ensuite été condamnés par contumace à 12 ans d’emprisonnement. Peu après, la même procédure a été appliquée dans les affaires de plusieurs personnalités en exil, notamment les dirigeants de la Fondation biélorusse pour la solidarité sportive (une organisation qui soutient les athlètes opposés au régime), Aliaksandra Herasimenia et Alexander Opeikin, le défenseur des droits humains Dzmitry Solovyov, ainsi que les principaux opposants politiques Sviatlana Tsikhanouskaya, Pavel Latushka, Olga Kovalkova et d’autres[43].

Le recours à des procédures spéciales témoigne d’une tendance constante à cibler un groupe social spécifique, à savoir les personnes qui s’opposent au régime dictatorial actuel en Biélorussie, participent à des manifestations, s’engagent dans le journalisme et la défense des droits humains ou apportent leur aide aux Biélorusses persécutés.

Au 1er mai 2025, à la connaissance de l’auteur, les procédures spéciales décrites ci-dessus avaient été appliquées à 147 personnes.[44] Une analyse des preuves provenant de sources ouvertes, y compris des articles de presse, conduit à la conclusion sans équivoque que des procédures spéciales ont été appliquées à au moins 53 personnes pour des motifs politiques, c’est-à-dire sur la base de persécutions motivées par des considérations politiques. Le régime biélorusse recourt à la fois à des accusations pénales explicitement « politiques » (le plus souvent dites « anti-extrémistes ») et à des accusations liées à l’activité économique, aux crimes contre la propriété, aux crimes contre la sécurité publique et aux crimes contre l’administration publique. Les actes judiciaires rendus dans le cadre de procédures spéciales n’ont pas de caractère juridique et ne répondent pas aux normes d’un procès équitable, ce qui est contraire aux exigences du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et à la pratique du Comité des droits de l’homme des Nations unies (CDHNU).

En janvier 2025, les experts des droits de l’homme des Nations unies ont exprimé leur profonde préoccupation face au recours croissant aux procès par contumace en Biélorussie, qui ne garantissent pas les principes fondamentaux d’un procès équitable. Les verdicts comprennent souvent de longues peines de prison, de lourdes amendes et la confiscation de biens. Les experts ont souligné que les pratiques de la Biélorussie en matière de procès par contumace violent les obligations internationales en matière de droits de l’homme et servent d’outils de répression contre les figures de l’opposition en exil.[45]

L’importance de ces condamnations par contumace est double. Premièrement, elles servent à des fins de propagande : le régime peut affirmer que ses opposants en exil ne sont pas des politiciens légitimes, mais plutôt des criminels condamnés pour des infractions graves (souvent qualifiées de terrorisme ou de trahison). Cela permet de justifier la répression auprès de l’opinion publique nationale et de discréditer l’opposition sur la scène internationale. Deuxièmement, et c’est là un point crucial, ces condamnations jettent les bases de futures demandes d’extradition. Si l’un de ces dirigeants exilés se rendait dans un pays qui coopère avec la Biélorussie, Minsk invoquerait la peine de prison en suspens comme motif d’extradition, arguant qu’il s’agit de fugitifs recherchés par la justice.

L’institution examinée, telle qu’elle se reflète dans les pratiques répressives biélorusses, présente les caractéristiques d’une persécution organisée et systématique de la population civile, ce qui la rend susceptible d’être analysée dans le cadre du droit pénal international. Selon l’article 7 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, de tels actes relèvent de la catégorie des crimes contre l’humanité, car ils s’inscrivent dans le cadre d’une politique étatique visant à réprimer la dissidence par des procédures pseudo-légales. En vertu de l’alinéa h) du paragraphe 1 de l’article 7 du Statut de Rome de la CPI, le terme « persécution » désigne la privation intentionnelle et grave des droits fondamentaux d’un groupe de personnes pour des motifs politiques dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique[46].

Par conséquent, la pratique actuelle consistant à appliquer des procédures spéciales en Biélorussie présente toutes les caractéristiques d’un crime contre l’humanité sous forme de persécution, tel que défini par le droit pénal international, et nécessite une évaluation juridique appropriée au niveau international. Cette évaluation s’aligne sur l’examen préliminaire ouvert par le Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale en réponse à la saisine de la Lituanie en septembre 2024, qui traite spécifiquement des allégations de crimes contre l’humanité, y compris de persécution, commis à l’encontre de la population civile biélorusse[47].

Ainsi, les procès par contumace sont, par nature, contraires à une procédure régulière, les accusés n’ayant aucune possibilité de se défendre. Leur utilisation par le régime biélorusse viole les normes fondamentales d’un procès équitable, comme l’ont souligné les observateurs internationaux des droits de l’homme. Les verdicts rendus par contumace ne doivent pas être confondus avec de véritables décisions judiciaires ; ils constituent le prolongement de la persécution exercée par le régime par des moyens judiciaires (souvent appelés « lawfare »). Cette pratique exerce également une pression psychologique : les exilés savent que de lourdes peines pèsent sur eux s’ils tombent entre les mains du régime. Ces développements peuvent également relever du droit pénal international, ce qui soulève des inquiétudes quant au fait que de telles pratiques pourraient constituer des crimes contre l’humanité.

3.5 Menaces et punitions par procuration : la peur comme outil transnational

Enfin, il est important de noter que le régime utilise des méthodes d’intimidation moins formelles qui ont néanmoins un effet transfrontalier. La Biélorussie emploie une stratégie consistant à menacer et à punir les proches ou les associés des exilés qui restent en Biélorussie[48], afin de tourmenter ceux qui se trouvent à l’étranger – ce que Dana Moss appelle la « punition par procuration ».

Par exemple, les militants biélorusses à l’étranger signalent fréquemment que la police ou les agents du KGB harcèlent les membres de leur famille restés au pays – en menant des interrogatoires, en émettant des avertissements, voire en emprisonnant un parent, un frère ou une sœur, ou un conjoint sur la base d’accusations forgées de toutes pièces – uniquement en raison des activités de l’exilé à l’étranger[49]. Cela crée un dilemme douloureux pour beaucoup : continuer à s’exprimer et mettre ses proches en danger, ou rester silencieux pour les protéger. De même, le régime cible les entreprises ou les biens appartenant aux exilés. En 2023, les autorités ont commencé à saisir les biens et les avoirs de ceux qui avaient quitté le pays et à interdire la vente de ces biens, explicitement à titre de représailles contre les « fugitifs ».[50] Les lois ont été modifiées pour permettre la confiscation des biens des personnes condamnées pour extrémisme (ce qui inclut la plupart des exilés de premier plan). Cela permet non seulement de punir l’individu, mais aussi d’envoyer un message aux autres sur le prix à payer pour s’opposer au régime.

Les services de sécurité biélorusses se sont également livrés à du cyberharcèlement et à la surveillance de la diaspora. Des rapports font état de piratage des comptes de messagerie électronique et des comptes de réseaux sociaux des exilés, de menaces en ligne et de tentatives de suivi de leurs activités à l’étranger. En Pologne, en Lituanie et en Ukraine, des organisations en exil ont été la cible d’attaques de phishing probablement liées aux services de renseignement biélorusses ou russes[51]. Même les messages de menace à distance, tels que les courriels ou les appels téléphoniques anonymes disant aux militants « nous vous aurons », font partie du répertoire[52].

En résumé, la répression transnationale du Bélarus se manifeste à travers une campagne multiforme : coercition directe (enlèvements, rapatriements forcés), guerre juridique (Interpol, extradition, verdicts par contumace), pression administrative (contrôles des passeports et de la citoyenneté) et intimidation (menaces, représailles contre la famille, surveillance). Bien que particulièrement prononcées dans le cas du Bélarus, ces pratiques reflètent des schémas plus larges de répression transnationale par les États autoritaires, souvent menée en coordination avec des alliés (notamment la Russie) et en exploitant les systèmes internationaux.

4. Impact sur la sécurité régionale, la résilience démocratique et l’intégrité juridique

Les répercussions de l’exportation de la répression biélorusse se font fortement sentir dans les États voisins d’Europe centrale et orientale (PECO) qui accueillent les plus grandes communautés d’exilés biélorusses. La Pologne, la Lituanie et la Lettonie, tous voisins démocratiques de la Biélorussie, ont accueilli depuis 2020 des milliers d’activistes de l’opposition, de journalistes, de professionnels et de familles ordinaires biélorusses fuyant les persécutions. Ces pays sont donc devenus des terrains importants de la répression transnationale de Loukachenko, tout en étant confrontés aux défis communs auxquels sont confrontés les États d’accueil des diasporas autoritaires.

Cette dynamique reflète ce que décrit Adamson (2020)[53] : la politique des diasporas ne doit pas être considérée uniquement comme un espace de liberté et de démocratisation, mais comme un terrain de contestation façonné à la fois par la dynamique du pays d’accueil et par l’autoritarisme à distance. Cette perspective est particulièrement pertinente dans le cas du Bélarus : les communautés en exil dans les pays d’Europe centrale et orientale sont à la fois des acteurs importants dans le renforcement de la résilience démocratique et des cibles directes des tentatives de Minsk d’étendre la répression au-delà de ses frontières.

Cette situation a également mis à l’épreuve et, à bien des égards, confirmé la résilience démocratique des pays d’Europe centrale et orientale. L’afflux d’exilés bélarusses et la nécessité de se prémunir contre l’ingérence de Minsk ont incité ces pays à renforcer leurs institutions démocratiques et leurs réseaux de solidarité. Par exemple, la présence de médias indépendants biélorusses en exil a enrichi l’espace informationnel dans les pays d’accueil, incitant souvent les médias locaux à accorder davantage d’attention aux questions relatives aux droits humains. La collaboration transfrontalière entre les organisations de la société civile s’est intensifiée : des ONG polonaises, lituaniennes et lettones travaillent avec des défenseurs des droits humains biélorusses pour documenter les abus ou aider les réfugiés biélorusses à naviguer dans les systèmes d’asile. Cette solidarité transfrontalière peut être considérée comme un succès en matière de résilience démocratique. L’activisme de la diaspora biélorusse à l’étranger – organisation de manifestations, interventions devant les parlements européens, mise en place d’une résistance créative comme le hacktivisme contre Minsk – a permis de maintenir la crise biélorusse à l’ordre du jour international. Il démontre également que la tentative de Loukachenko de réduire au silence ses opposants peut se retourner contre lui en inspirant un soutien mondial plus coordonné à la cause de la liberté biélorusse. Cela illustre comment la répression dans le pays d’origine peut involontairement catalyser le renforcement des réseaux mondiaux d’opposition, une dynamique également observée avec d’autres diasporas autoritaires telles que celles de Russie, de Turquie ou de Chine.

Les pays d’accueil, pour leur part, ont dû trouver un équilibre entre le contrôle de sécurité des Biélorusses entrants (afin d’éliminer les éventuels infiltrés) et le maintien d’un environnement ouvert et hospitalier pour les véritables réfugiés et militants.

Cependant, des tensions ont existé. En Lituanie, un certain malaise public s’est manifesté en 2021-2022 face à l’arrivée d’un grand nombre de migrants biélorusses (et russes), dans un contexte de préoccupations croissantes en matière de sécurité liées à la répression autoritaire en Biélorussie et à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

En réponse, le gouvernement lituanien a adopté une loi limitant la délivrance de nouveaux visas aux citoyens biélorusses, sauf pour des raisons humanitaires, et a renforcé les contrôles pour les personnes susceptibles d’avoir des liens avec le régime[54]. Rien qu’en 2024, les autorités lituaniennes ont identifié 598 citoyens biélorusses comme représentant une menace potentielle pour la sécurité de l’État, ce qui a entraîné des refus de visa, des annulations de permis et des interdictions d’entrée sur le territoire.[55] Si ces mesures visent à répondre à des risques légitimes en matière de sécurité, elles soulèvent également des inquiétudes quant à leur caractère excessif et à la stigmatisation potentielle des exilés politiques. Le cas d’un volontaire biélorusse comme Veremeychik, qui s’est vu refuser l’entrée en Lituanie et a ensuite été extradé du Vietnam, illustre bien comment de telles politiques peuvent avoir des conséquences imprévues.

Les débats publics ont également parfois exacerbé ces tensions. En août 2025, par exemple, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées devant le ministère des Affaires étrangères de Lituanie pour demander la fermeture du bureau de Sviatlana Tsikhanouskaya à Vilnius. Cette manifestation, menée par le député Vytautas Sinica, faisait suite au refus du ministère d’envisager la révocation de l’accréditation du bureau ou le retrait de son soutien[56]. Bien que peu nombreuses, ces manifestations mettent en évidence la politisation des questions relatives à l’exil biélorusse au sein du discours national lituanien.

Ailleurs, la Pologne traite généralement les demandeurs d’asile biélorusses comme des victimes de répression politique, bien que certains se soient vu refuser la protection ou aient été signalés comme présentant un risque pour la sécurité, en particulier les personnes ayant eu des liens avec les institutions étatiques ou dont les antécédents sont flous[57]. La République tchèque voisine a quant à elle suspendu la délivrance de visas aux citoyens biélorusses et russes en raison de la guerre en Ukraine depuis juin 2022[58]. L’Estonie a interdit la délivrance de visas aux citoyens biélorusses pour des emplois de courte durée, des activités entrepreneuriales (y compris les start-ups) et le travail à distance, dans le cadre du renforcement des mesures de sécurité[59]. Depuis le 1er septembre 2025, la Lettonie exige des citoyens de pays n’appartenant pas à l’UE, à l’OTAN et à l’OCDE, principalement les Russes et les Biélorusses, qu’ils remplissent un formulaire spécial avant chaque entrée sur le territoire. Les voyageurs doivent fournir des informations détaillées sur l’objet, la durée et l’itinéraire de leur voyage, ainsi que divulguer leurs emplois passés ou actuels dans des agences gouvernementales ou de sécurité et leur service militaire ou celui de leurs proches. Le non-respect de cette obligation peut entraîner des amendes pouvant aller jusqu’à 2 000 euros[60].

En résumé, la répression exercée par la Biélorussie est devenue un sérieux défi pour les démocraties voisines. Cependant, cette dynamique n’est pas tout à fait unique : elle reflète les schémas plus larges des États autoritaires qui projettent leur répression à l’étranger. Ce qui rend le cas biélorusse particulièrement pertinent, c’est sa concentration régionale en Europe centrale et orientale, où la proximité, les liens historiques et l’environnement géopolitique intensifient une dynamique qui est également visible dans d’autres cas de répression transnationale.

5. Conclusion

Le cas biélorusse montre comment les stratégies répressives peuvent transcender les frontières nationales et affecter non seulement la vie des dissidents vivant en exil, mais aussi l’environnement politique, juridique et sécuritaire des démocraties voisines. Afin de faire taire les critiques à l’étranger et de décourager la dissidence dans son propre pays, le régime de Loukachenko a mis en place un appareil sophistiqué de répression transnationale à travers un large éventail de tactiques.

Ces pratiques peuvent être regroupées en plusieurs catégories qui se recoupent. Premièrement, il y a les mesures coercitives directes, notamment les enlèvements, les extraditions et les menaces de violence physique, comme on l’a vu dans le détournement du vol Ryanair et les tentatives d’enlèvements à l’étranger. Deuxièmement, le régime utilise des instruments juridiques et quasi juridiques, tels que les demandes d’extradition à motivation politique, l’abus d’Interpol et les procès par contumace, qui donnent un vernis de légitimité judiciaire à la répression. Troisièmement, la Biélorussie s’appuie sur des outils administratifs et bureaucratiques, notamment le non-renouvellement des passeports, la révocation de la citoyenneté et la confiscation des biens, qui contraignent les exilés en limitant leur mobilité et leur statut juridique. Enfin, il existe des stratégies d’intimidation et symboliques, notamment le harcèlement des proches dans le pays d’origine, la surveillance et les cyberattaques contre les groupes de la diaspora, et la stigmatisation des opposants en tant qu’« extrémistes » ou « terroristes ». Ensemble, ces méthodes révèlent la capacité du régime à combiner des formes de coercition dures et douces pour étendre son influence au-delà des frontières.

Pour les pays d’accueil d’Europe centrale et orientale, cette dynamique a eu un double effet. D’une part, elle a favorisé la résilience démocratique en encourageant les réseaux de solidarité, la coopération transfrontalière entre les sociétés civiles et le refus de principe des demandes d’extradition motivées par des raisons politiques. D’autre part, elle a également conduit à un contrôle plus strict des migrations et à un renforcement des contrôles de sécurité, reflétant les dilemmes auxquels sont confrontées les démocraties lorsqu’elles tentent de trouver un équilibre entre la protection des exilés et la sauvegarde de la sécurité nationale.

Au niveau international, la Biélorussie illustre la manière dont les régimes s’adaptent et exploitent les mécanismes juridiques et institutionnels à l’étranger, remettant ainsi en cause l’intégrité de la coopération internationale. Loin d’être une anomalie isolée, la Biélorussie illustre une tendance mondiale plus large à la répression transnationale. Il est donc essentiel de comprendre ces dynamiques pour analyser non seulement la Biélorussie elle-même, mais aussi les modalités plus générales selon lesquelles les régimes autoritaires contemporains opèrent de plus en plus au-delà des frontières.

Notes de fin

  1. Dzmitry Hlotau est diplômé en droit de l’Université européenne des sciences humaines et étudiant en troisième année du programme conjoint de licence en politique et économie mondiales de l’Université Vytautas Magnus de Kaunas, en Lituanie, et de l’Université européenne des sciences humaines de Vilnius, en Lituanie. Il est spécialisé en droit international et en sciences politiques, avec un accent particulier sur la répression transnationale, la politique migratoire et les droits de l’homme. Parallèlement à ses études, il travaille comme spécialiste en plaidoyer international au sein de Legal Initiative, une ONG biélorusse de défense des droits humains en exil, où il contribue à des efforts de recherche et de plaidoyer visant à protéger les Biélorusses persécutés politiquement à l’étranger et à renforcer les mécanismes internationaux de responsabilité.
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Guest Author

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