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1.Introduction

La lutte contre le changement climatique est l’un des défis les plus importants auxquels est confrontée la communauté internationale. Il ne serait pas exagéré de dire que le changement climatique est même le plus grand défi de l’ère moderne. De nombreuses études scientifiques, dont les rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, indiquent clairement la nature anthropogénique du changement climatique, résultant entre autres de l’exploitation des ressources naturelles de la planète, dont les combustibles fossiles.[1]

Les menaces potentielles (ou déjà observables) posées par le changement climatique pourraient avoir des conséquences dévastatrices. Elles vont des risques évidents, tels que les sécheresses, les inondations ou les migrations induites par le climat, à des risques moins évidents, tels que les épidémies potentielles causées par la libération de virus inconnus piégés dans les glaciers.[2]

Afin d’atténuer les effets du changement climatique, la communauté internationale a conclu de nombreux accords, dont l’Accord de Paris au titre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Cet accord engage les signataires à décarboniser progressivement leurs économies pour atteindre la neutralité climatique d’ici le milieu du XXIe siècle. L’Union européenne, en tant que l’un des signataires de l’Accord de Paris, a introduit ses propres dispositions légales pour mettre en œuvre ses objectifs. Le Green Deal européen, introduit en 2019, décrit les actions politiques européennes visant, comme l’Accord de Paris, à atteindre la neutralité climatique d’ici 2050. Les objectifs du Green Deal européen couvrent une série de domaines, notamment la politique industrielle, la protection de la santé, la conservation de la biodiversité, le développement d’une économie circulaire et la production alimentaire durable.[3]

La Pologne s’est engagée à adhérer aux accords décrits à la fois dans l’Accord de Paris et dans le Green Deal européen. Pour un pays dont le secteur énergétique a longtemps été fortement dépendant du charbon, la mise en œuvre de ces engagements présente des défis importants. La Pologne s’est toujours classée parmi les pays de l’UE qui consomment le plus de charbon. En 2024, pour la première fois, l’UE a enregistré une part plus importante d’énergie solaire (11 %) par rapport à l’énergie produite à partir du charbon, qui représentait moins de 10 % (9,8 %) du bouquet énergétique total. Dans 16 États membres, la part du charbon dans le bouquet énergétique est inférieure à 5 %. La production d’électricité à partir du charbon dans l’UE reste largement concentrée dans deux pays : en 2024, l’Allemagne représentait 39 % de la production d’électricité à partir du charbon dans l’UE, tandis que la Pologne en représentait 34 %. Sur une base annuelle, l’Allemagne a réduit sa production d’électricité au charbon de 17 %, tandis que la Pologne a connu une baisse de 8 %.[4]

Il convient toutefois de noter que, par rapport à la Pologne, l’Allemagne dispose d’un potentiel économique et démographique nettement plus important. En outre, l’Allemagne progresse dans le processus de décarbonisation à un rythme plus rapide que la Pologne. Cette comparaison place la Pologne sous un jour défavorable, en soulignant que, par habitant, un Polonais moyen dépend davantage de l’énergie générée par le charbon qu’un Allemand moyen. Toutefois, cela ne signifie pas que la Pologne ne prend pas de mesures pour soutenir le processus de décarbonisation.

Figure 1 : Parts des sources dans la production d’électricité

Share of source in Poland ENGSource : Élaboration propre sur la base d’estimations mensuelles du Forum Energii.

Selon les estimations de Forum Energii, basées sur les données d’ARE, d’ENTSO-E et de PSE, le charbon représentait 58,9 % du secteur polonais de l’électricité en janvier 2025, tandis que les sources d’énergie renouvelables (SER) représentaient 26,3 %. Si l’on compare ces chiffres à ceux d’il y a dix ans, lorsque la part du charbon s’élevait à 82,5 % et celle des SER à 12,9 %, on constate un processus progressif de décarbonisation.[5]

Afin d’atteindre des objectifs ambitieux de neutralité climatique et d’accélérer le processus de décarbonisation, la Pologne prévoit d’investir dans la construction de ses premières centrales nucléaires. Compte tenu de facteurs tels que la dépendance de la Pologne à l’égard des importations de charbon, l’épuisement des ressources nationales, l’infrastructure vieillissante des centrales à charbon existantes, les engagements internationaux et la part relativement faible de la capacité installée dans les SER, la construction d’une centrale nucléaire n’est plus seulement une option, mais une nécessité pour garantir la sécurité énergétique du pays.

Pour mieux comprendre les processus de construction de la première centrale nucléaire polonaise, il faut d’abord les replacer dans un contexte plus large.

L’objectif de cet article est d’analyser les principaux facteurs historiques, politiques et sociaux qui influencent la transition énergétique de la Pologne. En tant que pays fortement dépendant du charbon, la Pologne a été relativement en retard par rapport à la plupart des pays européens pour ce qui est des investissements dans l’énergie nucléaire et doit faire face à des défis importants dans le processus de décarbonisation.

Au début de l’article, j’ai effectué une analyse historique de l’importance du charbon pour la Pologne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’aux premières années de la Pologne démocratique (1945-1990). Cette importance englobe à la fois la dimension économique de la ressource et son rôle dans la formation de l’identité nationale polonaise. La partie suivante de l’analyse historique se concentre sur les causes et les conséquences de l’abandon du projet de centrale nucléaire de Żarnowiec au début des années 1990 et sur ses implications contemporaines.

Je présente ensuite des données statistiques de la fondation CBOS illustrant l’évolution des attitudes des Polonais à l’égard de l’énergie nucléaire au fil du temps, ainsi qu’une interprétation des facteurs à l’origine de ces changements. La section suivante poursuit l’analyse historique, en se concentrant cette fois sur la période post-communiste dans le contexte des efforts déployés par la Pologne pour développer l’énergie nucléaire.

Dans la dernière partie de l’article, j’examine les initiatives actuelles visant à construire les premières centrales nucléaires en Pologne et je souligne les principaux défis auxquels le pays est confronté à cet égard. L’article se termine par des réflexions personnelles sur le sujet et des prévisions concernant l’avenir du secteur de l’énergie nucléaire en Pologne.

2.Le “mythe du charbon”

Après 1945, le charbon est devenu une ressource énergétique essentielle pour la Pologne. Il était au cœur de la politique du gouvernement communiste, qui devait relever le défi de la reconstruction d’après-guerre. L’augmentation de l’extraction du charbon était étroitement liée à la construction de nouvelles centrales électriques au charbon, destinées à fournir de l’électricité aux secteurs émergents de l’industrie, des transports et du logement.

L’électricité était essentielle pour répondre aux besoins évolutifs de la société polonaise, sous l’effet de l’urbanisation, de l’électrification des zones rurales et de l’industrialisation. Outre la consommation intérieure, le charbon était également un produit d’exportation important pour la Pologne. En 1979, un record de 41,3 millions de tonnes de charbon a été exporté.[6] Le charbon était la seule matière exportée par la Pologne qui fournissait des devises étrangères, essentielles pour les achats de l’État à l’étranger. Cette importance stratégique du charbon a conduit à une protection étendue du secteur par l’État.[7] En outre, la figure du mineur, considéré comme le“travailleur de choc“, s’aligne sur la vision communiste de la société, renforçant une image positive du “peuple travailleur”.

Les mineurs ont joué un rôle clé dans l’effondrement du système communiste en Pologne. Les nombreuses grèves et la répression brutale contre ce groupe professionnel – y compris le massacre de la mine de Wujek, où neuf mineurs ont été tués – sont devenues un symbole de la lutte contre le régime communiste. La forte implication des mineurs dans l’opposition anticommuniste, notamment à travers leurs activités au sein du NSZZ “Solidarność”, a contribué à leur image positive dans la société après la chute du communisme en 1989. Selon une enquête du Centre de recherche sur l’opinion publique (CEBOS) publiée en 2019 sur le respect du public pour diverses professions, les mineurs étaient très estimés par 84 % des personnes interrogées, ce qui les plaçait parmi les groupes professionnels les plus respectés en Pologne.[8] Il convient également de noter que les mineurs ont constitué un groupe professionnel très nombreux et bien organisé pendant de nombreuses décennies. Depuis plus de 30 ans, le nombre de mineurs est en baisse. En 1990, 388 000 personnes travaillaient dans ce secteur, alors qu’en 2015, elles n’étaient plus que 98 000.[9]

Compte tenu du nombre de mineurs, de leur impact historique et de la haute estime sociale dont jouit leur profession, les tentatives de diversification du bouquet énergétique polonais basé sur le charbon ont constitué un défi politique. Le soutien politique des mineurs était crucial pour deux raisons. Premièrement, les mineurs représentaient un électorat important. Deuxièmement, les contestations des mineurs, qui travaillaient dans un secteur énergétique particulièrement sensible, pouvaient avoir des conséquences imprévisibles, telles que des coupures de courant, des manifestations et des troubles sociaux. Sur le plan politique, s’éloigner de l’image traditionnelle du charbon comme “or noir” et reconnaître la nécessité de réduire sa part dans le secteur de l’énergie était, pour le moins, une décision risquée.

3.La première tentative de construction de la centrale nucléaire “Żarnowiec”

Les premières tentatives d’élargissement du bouquet énergétique polonais par l’énergie nucléaire ont eu lieu dans les années 1970. À l’époque, la Pologne disposait déjà du bagage scientifique nécessaire à la mise en œuvre de l’énergie nucléaire. Dès 1955, l’Institut de recherche nucléaire a été créé et, en 1958, le premier réacteur de recherche a été construit en Pologne.[10] Les travaux de la première centrale nucléaire polonaise ont officiellement commencé en 1982 au lac Żarnowieckie, dans le village de Krotoszyno. La centrale a été baptisée “Żarnowiec” en référence au lac voisin. Malgré l’avancement de la construction, le projet a été suspendu en 1989. L’une des principales raisons de l’annulation du projet était l’opposition croissante de l’opinion publique à l’énergie nucléaire, qui s’est intensifiée après la catastrophe de Tchernobyl. Un autre facteur a été l’agitation politique associée au changement de régime et à l’effondrement du système communiste en 1989. L’instabilité politique et les difficultés financières rencontrées par le nouveau gouvernement post-communiste ont finalement conduit à l’abandon de ce projet ambitieux. L’annulation de la centrale nucléaire de Żarnowiec n’a pas seulement entraîné un gaspillage de ressources financières, mais aussi et surtout la perte d’un important capital humain. Suite à l’abandon du projet, les spécialistes de l’énergie nucléaire – qui, en plus de travailler dans le secteur, auraient pu former de nouvelles générations d’experts et contribuer à la construction de futures centrales – ont émigré de Pologne.

À quoi ressemblerait aujourd’hui le bouquet énergétique polonais si le projet avait abouti ? Il est impossible de donner une réponse exacte à cette question. Toutefois, une chose est sûre : la dépendance de la Pologne à l’égard du charbon serait moindre et le potentiel de développement de l’énergie nucléaire serait plus important. Un point de référence intéressant dans l’histoire de l’industrie nucléaire polonaise est la comparaison entre le projet polonais “Żarnowiec” et la centrale slovaque “Mochovce”, l’une des deux centrales nucléaires du pays.

La construction des unités 1 et 2 de la centrale nucléaire slovaque de Mochovce a débuté en 1983, suivie des unités 3 et 4 en 1987. Comme en Pologne, les travaux sur les unités 3 et 4 ont été interrompus à la suite de la transformation politique et économique, qui s’est produite à peu près au même moment, mais pas nécessairement la même année. Toutefois, contrairement à la Pologne, la Slovaquie n’a pas abandonné l’ensemble du projet, mais l’a réexaminé au cours des années suivantes. Malgré des difficultés et un processus d’investissement prolongé, les unités 1 et 2 ont été raccordées au réseau en 1998 et 1999, respectivement. La construction des unités 3 et 4 a repris en 2009, l’unité 3 devant être raccordée au réseau en 2023, tandis que l’unité 4 devrait être mise en service en 2025.

C’est parce que la Slovaquie n’a pas abandonné son projet nucléaire dans les années 1990, qu’elle est aujourd’hui l’un des principaux pays de l’Union européenne en ce qui concerne la part de l’énergie nucléaire dans son bouquet énergétique national. On peut affirmer que la Slovaquie, qui est un pays beaucoup plus petit que la Pologne, bénéficie davantage de la présence d’une seule centrale nucléaire, car celle-ci a un impact considérable sur le paysage énergétique global. D’autre part, la Pologne, avec son PIB et sa population plus importants, avait une plus grande capacité à obtenir les ressources nécessaires pour mener à bien le projet de la centrale de Żarnowiec. Si l’on compare les capacités des deux pays, la décision du gouvernement polonais d’interrompre la construction de la centrale de Żarnowiec peut être considérée comme une erreur stratégique dont les conséquences douloureuses se font encore sentir aujourd’hui.

La négligence de longue date de l’énergie nucléaire peut être attribuée à un manque de volonté politique, motivé par le faible soutien du public à cette source d’énergie et l’attachement traditionnel des Polonais au charbon. La figure 2 présente les données publiées par le Centre for Public Opinion Research (CBOS) dans son rapport 2024, Public Opinion on Energy Policy, dans lequel il a été demandé aux personnes interrogées d’exprimer une position claire sur la construction d’une centrale nucléaire en Pologne.

Figure 2 : Soutien de l’opinion publique à la construction d’une centrale nucléaire en Pologne

Public support for nuclear plant CEBOS ANGSource : Élaboration propre sur la base des données du CBOS tirées de “Public Opinion on Energy Policy”, rapport de recherche n° 56/2024

La ligne rouge représente le pourcentage de personnes interrogées qui s’opposent à la construction, la ligne verte indique celles qui y sont favorables et la ligne grise indique celles qui n’ont pas d’opinion claire sur la question. Le graphique illustre l’évolution de l’opinion publique polonaise sur cette question au fil des ans, de 1987 à 2024.

En 1987, le soutien à l’énergie nucléaire s’élevait à 30 %, tandis que 39 % des personnes interrogées étaient opposées à cette technologie et que 31 % n’avaient pas d’opinion. En 1989, le soutien était tombé à 20 %, l’opposition à 46 % et le pourcentage d’indécis à 34 %. Le niveau d’opposition le plus élevé a été enregistré en 2006, atteignant 58 %, avec seulement 25 % d’opinions favorables. En 2008, le soutien à l’énergie nucléaire a augmenté pour atteindre 38 %, tandis que l’opposition a diminué pour atteindre 45 %. En 2009, deux enquêtes ont été menées : l’une en février, où le soutien a atteint 48 % et l’opposition 42 %, et l’autre en septembre, où le soutien a atteint 50 % et l’opposition 40 %. Au cours des années suivantes, le soutien à l’énergie nucléaire est resté relativement stable. En 2010, il s’élevait à 46 %, en 2011 à 40 %, et en 2013, il est tombé à 38 %, l’opposition augmentant à 52 %. En 2016, le soutien a atteint 38 % et en 2018, 34 %, l’opposition passant de 50 % en 2016 à 38 % en 2018. Un tournant s’est produit en 2021, lorsque le soutien est passé à 39 %, tandis que 45 % des personnes interrogées se sont opposées à l’énergie nucléaire. Un changement significatif a eu lieu en 2022, avec 75 % des Polonais soutenant la construction de centrales nucléaires, tandis que l’opposition est tombée à 13 %. En 2024, le soutien est resté élevé à 64 %, tandis que le nombre d’opposants a augmenté à 22 % et que le pourcentage de répondants indécis s’élevait à 14 %.

Sur la base des données présentées, nous pouvons tenter d’identifier des corrélations entre ces chiffres et des événements significatifs liés à l’énergie qui ont façonné les perceptions polonaises de l’énergie nucléaire.

Le premier événement est la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986, qui a pu avoir un impact sur la confiance du public dans cette source d’énergie, comme le montrent les résultats des enquêtes de 1987 et 1989. Le deuxième événement clé est l’accident survenu en 2011 à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima. Comme le montre le graphique, 2011 a marqué un tournant, interrompant la tendance à l’augmentation du soutien à l’énergie nucléaire depuis plusieurs années.

Le moment le plus crucial et le plus visible de ces dernières années s’est produit en 2022, lorsque la Russie a envahi l’Ukraine. Cet événement a eu de graves répercussions économiques, notamment des sanctions de l’UE sur les importations d’énergie en provenance de Russie, qui ont considérablement perturbé les marchés européens de l’énergie. Ces événements ont déclenché un vaste débat sur la sécurité énergétique et la nécessité urgente de diversifier les chaînes d’approvisionnement dans le secteur.

Le même communiqué présentait des données indiquant la disparition du phénomène NIMBY concernant la construction d’une centrale nucléaire. Une fois encore, 2022, l’année de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, peut être considérée comme un moment décisif. Un an avant l’invasion, 64 % des personnes interrogées s’opposaient à la construction d’une centrale nucléaire près de leur lieu de résidence, tandis que seulement 24 % y étaient favorables. L’année de l’invasion, le pourcentage d’opposants est tombé à 34 %, tandis que celui des partisans est monté à 54 %.

Figure 3 : Soutien du public à la construction d’une centrale nucléaire à proximité du lieu de résidence – le phénomène NIMBY s’estompe [A]

Public support- NIMBY CEBOS ANGSource : Élaboration propre sur la base des données du CBOS tirées de “Public Opinion on Energy Policy”, rapport de recherche n° 56/2024

Les résultats des plus récents sondage de 2024 indiquent une tendance à un retour à l’opinion publique d’avant l’invasion, puisque les pourcentages de partisans et d’opposants à la construction d’une centrale nucléaire à proximité de leur lieu de résidence étaient presque égaux, avec respectivement 45 % et 43 %.

Bien que les résultats du sondage de 2024 ne soient pas aussi optimistes que ceux de 2022, ils confirment néanmoins un changement significatif dans la façon dont les Polonais perçoivent les centrales nucléaires ces dernières années.

4. Premières étapes de la mise en œuvre de l’énergie nucléaire dans la Pologne démocratique

Après l’abandon de la centrale de Żarnowiec en 1990, les responsables politiques ont tenté à plusieurs reprises, sans succès, de relancer les projets de construction de centrales nucléaires. En 2005, le gouvernement du Premier ministre Marek Belka a adopté le document Politique énergétique de la Pologne jusqu’en 2025, qui stipulait : “En raison de la nécessité de diversifier les sources d’énergie primaire et de réduire les émissions de gaz à effet de serre, l’introduction de l’énergie nucléaire dans le système national devient justifiée.”[11] Toutefois, ce document n’est pas juridiquement contraignant ; il s’agit simplement d’une déclaration destinée à souligner l’importance de l’énergie nucléaire dans la stratégie énergétique de la Pologne.

La première tentative sérieuse de construire une centrale nucléaire en Pologne a été faite par le gouvernement du Premier ministre Donald Tusk, qui a annoncé en 2008 des plans pour deux projets de ce type. Il a révélé cette information lors d’une conférence de presse tenue immédiatement après la cérémonie de remise des diplômes de l’université de médecine de Gdańsk.[12]

Les circonstances entourant l’annonce de cette décision cruciale pour la sécurité nationale ont pu sembler inhabituelles et ont suscité des inquiétudes au sein de la population, notamment parmi les habitants des régions où les centrales étaient prévues. En 2012, les habitants de la municipalité de Mielno, l’un des sites proposés, ont exprimé une forte opposition au projet. Lors d’un référendum local, 94 % des électeurs ont rejeté la construction de la centrale nucléaire, mettant ainsi un terme au projet.[13]

Il convient de noter que la décision du Premier ministre Donald Tusk est intervenue à un moment où le soutien de l’opinion publique à l’énergie nucléaire (comme le montre la figure 2) était en hausse. Cependant, des vagues de protestation contre la construction d’une centrale nucléaire sont apparues en 2012, une année où la catastrophe de Fukushima et l’anxiété qu’elle a suscitée étaient encore fraîches dans l’esprit des Polonais. Malgré l’échec de la tentative de construction d’une centrale nucléaire, les bases d’un développement futur dans ce secteur ont été jetées. En 2010, la société Polskie Elektrownie Jądrowe (Polish Nuclear Power Plants -PEJ) a été créée, et est aujourd’hui la principale entité publique responsable du projet nucléaire.

La juxtaposition de la politique du gouvernement de l’époque et du sentiment de l’opinion publique n’a pas pour but de justifier ces décisions ou l’abandon des projets nucléaires. La principale erreur commise par le gouvernement polonais dans sa décision de construire une centrale nucléaire a été, avant tout, une mauvaise communication avec le public et un manque de volonté politique, deux éléments essentiels à la réalisation du projet.

5.L’avenir de l’atome polonais

En 2014, le document stratégique du gouvernement, le Programme polonais pour l’énergie nucléaire, a été publié en tant que feuille de route décrivant les objectifs stratégiques de la Pologne dans le domaine de l’énergie nucléaire. Il définit, entre autres, les objectifs principaux et spécifiques du programme, un calendrier de mise en œuvre jusqu’en 2030, une analyse des coûts et la justification économique de l’introduction de l’énergie nucléaire en Pologne. Le document envisageait la construction de la première centrale nucléaire, la mise en place d’un cadre juridique et institutionnel approprié et le développement d’une main-d’œuvre spécialisée. Il définit également les principes de sélection des technologies et des sites, en soulignant l’importance de la sûreté nucléaire et la nécessité d’efforts d’éducation et d’information pour garantir l’acceptation du projet par le public.

À la suite des engagements pris dans le cadre du “Green Deal” européen, la Pologne a adopté l’objectif d’atteindre la neutralité climatique d’ici 2050. Par conséquent, le programme polonais d’énergie nucléaire de 2014 nécessitait une mise à jour, qui a été publiée en 2020. La version révisée du document est nettement plus détaillée que son édition initiale.

En particulier, le calendrier de mise en œuvre de l’énergie nucléaire a été revu. La version de 2014 prévoyait que la première tranche de la centrale nucléaire initiale serait achevée en 2024, un objectif qui n’a pas été atteint. La version actualisée de 2020 du document a reporté cette échéance à 2033. Malheureusement, ces plans ont également été retardés. Selon les dernières déclarations du gouvernement plénipotentiaire pour les infrastructures énergétiques stratégiques, la construction devrait maintenant commencer en 2028, tandis que l’exploitation commerciale de la première unité est prévue pour 2036.[14]

Les changements apportés dans la version actualisée du document portent également sur des questions telles que la capacité totale des centrales prévues, le modèle de financement du projet, la sélection du site, la surveillance de la sûreté nucléaire et son alignement sur la politique climatique. Dans le document de 2014, ces aspects n’étaient présentés qu’en termes généraux et vagues ou n’étaient pas inclus du tout.

La version actualisée pour 2020 du programme polonais d’énergie nucléaire fixe la capacité totale des nouvelles unités à 6-9 GW. Pour mieux illustrer l’ampleur du projet, il convient de noter que la consommation annuelle d’électricité de la Pologne en 2024 était de 168,96 TWh.[15]

Si l’on prend l’estimation la plus basse de la capacité des centrales nucléaires prévues, à savoir 6 GW, les nouvelles unités devraient produire environ 52,56 TWh d’électricité par an. Cela signifie que si la Pologne disposait de cette capacité nucléaire en 2024, l’énergie nucléaire aurait couvert près d’un tiers de la demande d’électricité du pays, représentant exactement 31,12 % de la consommation totale. Dans l’hypothèse supérieure, plus optimiste, d’une capacité installée de 9 GW, cette part serait encore plus élevée, l’énergie nucléaire couvrant près de la moitié des besoins en électricité de la Pologne – 46,67 %, pour être précis. Ces chiffres soulignent clairement l’importance de ce projet pour le paysage énergétique polonais.

La version actualisée du document relatif au programme nucléaire polonais, contrairement à la version de 2014, fournit également un aperçu détaillé de la structure de financement du projet. Elle stipule que le Trésor public détiendra une participation majoritaire d’au moins 51 % dans le financement du projet, tandis que le reste des coûts d’investissement sera couvert par un investisseur privé par le biais de contrats établis dans le cadre du mécanisme CfD (Contract for Difference).

Ce mécanisme de soutien garantit un prix de référence fixe au producteur d’énergie. Si le prix du marché tombe en dessous de ce seuil, l’État couvre la différence ; inversement, si le prix du marché dépasse le prix de référence, le producteur restitue l’excédent. Ce système assure la stabilité financière des investissements tout en protégeant les consommateurs des fluctuations importantes des prix de l’énergie.

Le 20 février 2025, le parlement polonais a adopté une loi visant à capitaliser la société Polish Nuclear Power Plants (PEJ) à hauteur de 60,2 milliards de PLN afin de faciliter la construction de la première centrale nucléaire du pays. Toutefois, pour que ce transfert de fonds à une entreprise publique puisse avoir lieu, l’approbation de la Commission européenne (CE) concernant les aides d’État est nécessaire. La Commission européenne n’a pas encore pris de décision à ce sujet, mais il est clair que sa décision jouera un rôle clé dans l’avenir du projet et son calendrier de mise en œuvre. Lors du congrès Powerpol de février 2025, Wojciech Wrochna, vice-ministre de l’industrie et plénipotentiaire du gouvernement pour les infrastructures énergétiques stratégiques, a abordé la question en déclarant :

“Si la décision n’est pas prise malgré l’adoption de la loi, nous ne pourrons pas augmenter le capital social. Si nous n’augmentons pas le capital, certains investissements ne seront pas réalisés à temps, ce qui pourrait entraîner des retards dans le projet. C’est pourquoi ce timing est crucial. Nous ferons tout notre possible pour accélérer les négociations avec la Commission européenne de manière intensive.”[16]

Il convient de noter que la décision de subventionner la construction de la première centrale nucléaire polonaise a été prise à l’unanimité. Sur les 431 députés présents à la session parlementaire (29 députés n’ont pas pris part aux délibérations), 430 ont voté en faveur de la loi. Seule Małgorzata Tracz, membre du Partia Zielonych (Les Verts), a voté contre.[17] Le résultat du vote montre un consensus sur l’atome au sein de l’élite politique polonaise.

Le partenaire technologique pour la construction d’une centrale nucléaire en Pologne est annoncé comme étant la société américaine Westinghouse Electric Company et Bechtel. Le 15 décembre 2022, un accord de coopération a été signé entre les parties, prélude à d’autres accords plus détaillés.[18] Le 21 septembre 2023, un accord de consortium est signé pour la coopération dans la conception et la construction de la première centrale nucléaire polonaise sur le site prévu de Choczewo en Poméranie,[19] tandis que quelques jours plus tard, le 27 septembre 2023, un contrat de services d’ingénierie (ESC) est signé.[20] L’emplacement et le choix de la technologie (une centrale AP1000 alimentée par un réacteur à eau pressurisée PWR) sont conformes aux objectifs inclus dans la version actualisée du programme polonais d’énergie nucléaire pour 2020. Ce programme prévoit la construction de trois centrales sur ce site, d’une capacité totale de 3,75 GW.

Si la conclusion de ces accords avec l’investisseur américain est une bonne nouvelle, il convient d’ajouter qu’il ne s’agit pas des seuls accords nécessaires au projet nucléaire. Le contrat ESC stipulait que le projet de centrale nucléaire serait prêt à la fin du mois de mars 2025, mais la société polonaise PEJ a indiqué qu’il y avait un risque que cette échéance soit retardée et que ce contrat doive être prolongé. L’étape suivante sera la conclusion d’un accord de développement technique (EDA) et, dans un deuxième temps, la signature d’un contrat de performance complet définissant les conditions de mise en œuvre, de financement et de remboursement de l’investissement (EPC – Energy Performance Contracting).[21]

La sécurité des investissements est supervisée par l’Agence nationale de l’énergie atomique (PAA), dont les tâches comprennent l’inspection des installations nucléaires, la délivrance de licences, la surveillance de la situation radiologique, l’élaboration de réglementations et la réponse aux menaces potentielles.

Il convient de mentionner que tous les pays invités à des consultations étrangères avec la Pologne (14 pays au total) ont exprimé une position positive à l’égard de la construction d’une centrale nucléaire en mer Baltique. Les pays invités à des consultations étaient la République tchèque, la Finlande, les Pays-Bas, l’Autriche, le Belarus, le Danemark, l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie, l’Allemagne, la Slovaquie, la Suède, l’Ukraine et la Hongrie. Les pays ayant une longue tradition antinucléaire – l’Allemagne et l’Autriche – ont soumis le plus grand nombre de commentaires écrits sur le projet. Toutefois, les doutes des pays voisins ont été dissipés par la Pologne.

En conclusion, nous pouvons observer des actions et des décisions concrètes concernant la construction de la centrale nucléaire de Choczewo. Bien que le travail soit, pour l’instant, essentiellement de nature administrative, nous pouvons être sûrs de certaines choses, comme le choix de l’investisseur, de la technologie et de l’emplacement de l’installation. En outre, le calendrier du projet reste incertain en raison du processus en cours d’obtention de l’approbation de la Commission européenne pour le transfert de fonds publics à la société PEJ.

6. Défis logistiques

La construction de la première centrale nucléaire polonaise s’accompagnera d’un certain nombre de projets d’infrastructure qui sont essentiels à la logistique de l’ensemble du projet. Les projets d’accompagnement les plus importants sont les suivants : la construction d’une route nationale reliant la voie express S6 à la centrale nucléaire (achèvement prévu – 2029) ; la construction de nouvelles liaisons ferroviaires et la modernisation des liaisons existantes (achèvement prévu – 2029) ; la construction d’une structure de déchargement offshore MOLF permettant le transport d’éléments surdimensionnés (achèvement prévu – 2028) ; la construction d’une sous-station permettant d’alimenter le réseau électrique (achèvement prévu – 2034) ; et la construction de connexions électriques pour alimenter le site de construction et l’exploitation ultérieure de la centrale (achèvement prévu – 2027).[22]

Comme on peut le constater, la construction d’une centrale nucléaire est une entreprise multidimensionnelle. L’un des principaux défis pour les responsables des investissements susmentionnés sera de veiller à ce que les travaux se déroulent sans retards. Une centrale nucléaire est un système de cuves interconnectées et les problèmes survenant dans un équipement associé peuvent affecter le projet dans son ensemble.

Outre l’infrastructure, un autre défi logistique dans la construction d’une centrale nucléaire sera l’acquisition de ressources humaines adéquates (un défi qui aurait été plus facile si les travaux de la centrale de Żarnowiec décrite ci-dessus n’avaient pas été interrompus dans les années 1990). En décembre 2023, le ministère du climat et de l’environnement a publié un “plan de développement des ressources humaines pour l’énergie nucléaire”, qui prévoit une augmentation significative de l’emploi dans le secteur, le développement des ressources humaines pour le PEJ et le PAA et la nécessité de renforcer le budget des institutions clés. Le plan prévoit une coopération avec des universités polonaises, telles que l’UMCS (Université Maria Curie-Skłodowska), l’Université de technologie de Gdansk ou l’AGH (Université des sciences et technologies de l’AGH), pour former des spécialistes. En outre, en raison de la pénurie de ressources humaines qualifiées, il sera nécessaire de faire appel à des experts étrangers et à des spécialistes d’autres domaines, tels que le génie thermique, le génie électrique ou le génie mécanique.[23]

Nous ne connaissons pas encore les détails de la sécurisation des chaînes d’approvisionnement clés des composants nécessaires à la construction de la centrale et du combustible nucléaire. En ce qui concerne ce dernier, nous pouvons supposer que le fournisseur (pour les premières années d’exploitation de la centrale) sera le fournisseur de technologie, c’est-à-dire Westinghouse, comme il est d’usage dans les projets de ce type.

Le lieu de stockage des déchets radioactifs est également en question.[24] L’absence d’action dans ce domaine pourrait être une décision politique calculée. Le sujet des déchets radioactifs pourrait provoquer des remous dans les médias, ce qui pourrait à son tour avoir un impact négatif sur le soutien enregistré en faveur d’une centrale nucléaire en Pologne.

7. Une deuxième centrale nucléaire

La dernière version du plan PPEJ 2020 (Programme polonais d’énergie nucléaire) du gouvernement nécessite une mise à jour, qui devait être publiée dès 2024. Bien que les travaux sur la version actualisée du PPEJ soient toujours en cours, nous pouvons supposer que le projet d’acquérir entre 6 et 9 GW d’électricité nucléaire d’ici 2033 n’est pas réaliste. La capacité de production de la centrale nucléaire de Choczewo sera de 3,75 GW et c’est l’unique information concrète dont nous disposons à l’heure actuelle. Le gouvernement polonais, comme décrit ci-dessus, maintient le cap adopté dans le PEJ 2020 en ce qui concerne la centrale de Choczewo. La future version actualisée du PPEJ se concentrera sur l’identification de quatre sites potentiels pour une deuxième centrale nucléaire (Bełchatów, Konin, Kozienice, Połaniec), l’inclusion de plans pour de petits réacteurs modulaires (SMR), et des analyses et consultations supplémentaires sur la sélection du site final et des partenaires technologiques.[25]

En revanche, nous savons déjà que l’investisseur étranger chargé de la construction de la deuxième centrale nucléaire sera sélectionné dans le cadre d’un appel d’offres, contrairement à la première centrale nucléaire, où le choix de l’investisseur américain a été une décision purement politique. Des pays comme le Japon, la Corée du Sud, la France et les États-Unis ont exprimé leur souhait de réaliser un deuxième projet de centrale nucléaire en Pologne.

Le choix de l’emplacement de la deuxième centrale nucléaire est principalement dicté par la disponibilité des infrastructures existantes. Des centrales à charbon ont fonctionné ou fonctionnent encore aux endroits indiqués. Outre l’accès aux infrastructures, le choix de ces sites peut apporter des avantages supplémentaires aux habitants de ces villes, sous forme de maintien de l’emploi, de développement de l’économie locale, d’investissements accrus dans les infrastructures routières et techniques, d’amélioration de la qualité de l’air grâce à la réduction des émissions polluantes, et d’augmentation des recettes fiscales qui peuvent être affectées au développement régional. Un exemple de bénéfices pour la communauté locale peut déjà être vu dans la région de la première centrale nucléaire en Poméranie, puisque Polskie Elektrownie Jądrowe a conclu des accords-cadres de trois ans au début de cette année pour la réparation, la construction et la modernisation des routes locales à proximité de la première centrale nucléaire de Pologne.[26]

8. Conclusions

Le paysage du secteur énergétique polonais, façonné par ses implications politiques, historiques et sociales, est unique en Europe. Aucun autre pays européen n’a été confronté à une transition aussi difficile que la Pologne. Pendant de nombreuses années, le charbon polonais a été non seulement l’épine dorsale de l’économie, mais aussi un élément clé de l’identité de nombreux mineurs, constructeurs de navires et travailleurs industriels.

La société polonaise, longtemps liée au charbon, ne voyait pas la nécessité de diversifier ses sources d’énergie. Elle était réticente à admettre que les réserves de charbon – comme la durée de vie des centrales électriques au charbon – finiraient par s’épuiser. Elle ne voulait pas non plus reconnaître qu’il existait des sources d’énergie plus efficaces et plus stables. Au fil des décennies, le charbon polonais a fait l’objet d’une sorte de culte, et toute critique à son égard était perçue comme une atteinte à l’identité nationale.

L’évolution de la perception du public à l’égard de l’énergie nucléaire, qui peut être considérée comme un contrepoids au “mythe du charbon” décrit dans cet article, est un phénomène relativement récent en Pologne. Bien que le secteur énergétique polonais soit encore essentiellement basé sur le charbon, la transition vers une autre dépendance est en train de devenir une réalité.

Si la Pologne est désormais en passe de couler le premier béton de sa première centrale nucléaire, la situation reste sujette à changement. Il est essentiel de se rappeler l’histoire de la centrale nucléaire de Żarnowiec, le plus grand échec de l’histoire de la Pologne en matière de politique énergétique. L’abandon d’un investissement aussi avancé continue d’avoir un impact sur le secteur énergétique polonais aujourd’hui. Si la centrale de Żarnowiec avait été achevée, l’expansion du secteur nucléaire aurait été beaucoup plus aisée.

Un arrêt complet du programme nucléaire polonais semble peu probable. Contrairement au projet de Żarnowiec, la construction des centrales nucléaires actuelles est aujourd’hui une nécessité. En tant que membre de l’Union européenne, la Pologne est tenue de décarboniser son économie, ce qui, compte tenu du bouquet énergétique actuel, est impossible sans l’énergie nucléaire.

Dans les années à venir, les progrès en matière de centrales nucléaires en Pologne ne seront pas spectaculaires. La phase actuelle implique un travail législatif important, y compris l’obtention de permis, la conduite d’appels d’offres, la signature de divers accords et l’élaboration de plans stratégiques. Toutefois, l’absence de nouvelles très médiatisées ne doit pas être confondue avec une stagnation. Au contraire, des progrès significatifs sont réalisés. Compte tenu de la complexité des projets nucléaires, il est essentiel de respecter scrupuleusement les procédures pour garantir la sécurité. Le fait que le processus se déroule en plusieurs étapes peut également rassurer les sceptiques.

Bien que les investissements et les projets nucléaires de la Pologne arrivent des décennies plus tard qu’ils n’auraient dû, ils offrent néanmoins une raison d’être optimiste. Si la Pologne maintient le cap actuel, les centrales nucléaires deviendront un élément permanent du nouveau bouquet énergétique à faible teneur en carbone du pays, et constitueront le fondement de son développement futur.

Notes de fin d’ouvrage

[A] NIMBY (acronyme de Not In My Back Yard) – terme péjoratif désignant l’attitude et l’activisme des personnes qui expriment leur opposition à certains investissements dans leur voisinage immédiat, même si elles ne nient pas qu’ils sont nécessaires en général (source : Wikipedia). Dans cet article, je m’appuie sur les données du CBOS, bien qu’il faille mentionner qu’il existe plusieurs sondages d’opinion publique sur cette question. Les médias font souvent état d’un “soutien record à l’énergie nucléaire en Pologne”, qui atteint plus de 90 %. Ce type d’information est souvent reproduit sur la base de recherches menées par l’agence de recherche DANAE pour le compte du ministère de l’Industrie, ce qui peut susciter des doutes quant à la fiabilité de ces recherches. Les enquêtes commandées par les institutions gouvernementales, en particulier celles qui soutiennent un programme politique particulier, doivent être analysées avec un degré de critique approprié. Cependant, quels que soient le sondage choisi et les différences de pourcentage, le soutien croissant à l’énergie nucléaire en Pologne au cours des dernières années est un fait.

Références

[1] Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC). Climate Change 2023: Synthesis Report. Summary for Policymakers. Edited by Hoesung Lee and José Romero. Geneva, Switzerland: IPCC, 2023.

[2] Kaczmarek, Krzysztof. „The Impact of Climate Change on Security”. Journal of Modern Science 58, nr 4 (22 wrzesień 2024) : 410-30.

[3] ibiden

[4] Ember, European Electricity Review 2025, January 23, 2025, 12

[5] Miesięcznik Forum Energii : Styczeń 2025 – Podsumowanie – Nowa Energia, 10 luty 2025. https://nowa-energia.com.pl/2025/02/10/miesiecznik-forum-energii-styczen-2025-podsumowanie/.

[6] Sobel, Michał. Tradycyjne i perspektywiczne kierunki eksportu polskiego węgla. Polityka Energetyczna, Tom 8, Zeszyt specjalny, 2005, 309-318.

[7] Bednorz, Jarosław. 35 lat reformowania górnictwa węgla kamiennego w Polsce. Zeszyty Naukowe Instytutu Gospodarki Surowcami Mineralnymi i Energią PAN 1(112) (2024) : 127-142.

[8] Fundacja Centrum Badania Opinii Społecznej. Które zawody poważamy ? Komunikat z badań nr 157/2019. Warszawa : CBOS, 2019.

[9] Szpor, Aleksander, i Konstancja Ziółkowska. The Transformation of the Polish Coal Sector. Winnipeg: International Institute for Sustainable Development, 2018.

[10] Jagoda Ulewicz, Justyna Chodkowska-Miszczuk, et Agata Lewandowska, “Sprawiedliwie – Co to Znaczy ? Transformacja Energetyczna W Polsce Na Tle Społeczno-przestrzennych Konsekwencji Nieukończonej Elektrowni Jądrowej “Żarnowiec”,” 2023, https://open.icm.edu.pl/handle/123456789/23369.

[11] Ministerstwo Gospodarki i Pracy, Polityka Energetyczna Polski do 2025 Roku (Zespół do Spraw Polityki Energetycznej, 4 stycznia 2005).

[12] trojmiasto.pl. “Tusk : Będą dwie elektrownie atomowe”, 9 listopad 2008. https://www.trojmiasto.pl/wiadomosci/Tusk-Beda-dwie-elektrownie-atomowe-n30385.html.

[13] Forbes.pl. “Mielno przeciw atomowi – referendum na “nie””, 13 marzec 2025. https://www.forbes.pl/wiadomosci/referendum-ws-lokalizacji-elektrownii-atomowej-w-gaskach/e0zzcdw.

[14] Energetyka24. “Pierwszy blok elektrowni jądrowej zacznie pracę w 2036 r. Nowy pełnomocnik pokazuje harmonogram.” Ostatnia modyfikacja 6 marca 2024. Dostęp 14 marca 2025. https://energetyka24.com/atom/wiadomosci/pierwszy-blok-elektrowni-jadrowej-zacznie-prace-w-2036-r-nowy-pelnomocnik-pokazuje-harmonogram.

[15] ISBnews. “PSE : Krajowe zużycie energii elektrycznej wzrosło o 0,86% r/r w 2024 r.” WysokieNapiecie.pl, 3 lutego 2025. Dostęp 14 marca 2025. https://wysokienapiecie.pl/krotkie-spiecie/pse-krajowe-zu-ycie-energii-elektrycznej-wzros-o-o-0-86-r-r-w-2024-r/.

[16] Ministerstwo Przemysłu. “Dialog z Komisją Europejską w kwestii finansowania atomu jest kluczowy.” Gov.pl, 24 lutego 2025. Dostęp 14 marca 2025. https://www.gov.pl/web/przemysl/dialog-z-komisja-europejska-w-kwestii-finansowania-atomu-jest-kluczowy.

[17] BiznesAlert.pl “Polska chce dofinansować swój atom 60 miliardami złotych. Potrzebna jest decyzja Brukseli”. 21 lutego 2025. https://biznesalert.pl/dofinansowanie-polskiej-elektrowni-jadrowej-glosowanie-sejm-pej-atom/.

[18] Gov.pl. “Polskie Elektrownie Jądrowe i Westinghouse Electric Company podpisały umowę określającą zasady współpracy przy przygotowaniu procesu budowy pierwszej elektrowni jądrowej w Polsce”. 2025. https://www.gov.pl/web/klimat/polskie-elektrownie-jadrowe-i-westinghouse-electric-company-podpisaly-umowe-okreslajaca-zasady-wspolpracy-przy-przygotowaniu-procesu-budowy-pierwszej-elektrowni-jadrowej-w-polsce.

[19] Westinghouse Electric Company. “Westinghouse i Bechtel podpisują umowę konsorcjum dla pierwszej w Polsce elektrowni jądrowej”. 2025. https://info.westinghousenuclear.com/poland/news-and-insights/westinghouse-i-bechtel-podpisuja-umowe-konsorcjum-dla-pierwszej-w-polsce-elektrowni-jadrowej.

[20] Westinghouse Electric Company. “Historyczna umowa umożliwia rozpoczęcie prac dla wskazanej lokalizacji pierwszej w Polsce elektrowni jądrowej”. 2025. https://info.westinghousenuclear.com/poland/news-and-insights/historyczna-umowa-umozliwia-rozpoczecie-prac-dla-wskazanej-lokalizacji-pierwszej-w-polsce-elektrowni-jadrowej.

[21] Agnieszka Skorupińska, Dominik Brodacki. Energetyka jądrowa w Polsce : Ocena gotowości do budowy pierwszej elektrowni. Redakcja Baker McKenzie i Polityka Insight. Varsovie : Warszawa: Baker McKenzie, Polityka Insight, 2025.

[22] ibiden

[23] ibiden

[24] ibiden

[25] Jędrzej Stachura, “Polska zaktualizuje program jądrowy. Nowy wejdzie za kilka dni, ale z kilkumiesięcznym opóźnieniem”. BiznesAlert.pl. 6 marca 2025. https://biznesalert.pl/polska-ppej-atom-energetyka-europa-program/.

[26] Nuclear.pl. “PEJ : 25 milionów zł na lokalne drogi w rejonie elektrowni jądrowej do 2028 roku”. 5 marca 2025. https://nuclear.pl/wiadomosci,news,25030501,0,0.html.

Jakub Skowron

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